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PARTIE 2 : COOPERATIONS REGIONALES ET INTERNATIONALES FACE AU TERRORISME

Conduite des Etats face à ces mouvements

A ce stade des évènements et du fait de leur ampleur et de leur étendue, ne serait-on pas tenté de conclure à l’impuissance des Etats du Sahel  et de l’Afrique subsaharienne à opposer, individuellement et même collectivement, à ces mouvements des forces conséquentes et suffisamment dissuasives !

Dans le cadre de la coordination de l’engagement militaire, le Mali, la Mauritanie et le Niger, qui se trouvent aux portes de tous ces mouvements et des actes terroristes, n’ont toujours pas trouvé la meilleure formule. Le Nigéria mis à part, ils sont ceux qui sont le plus soumis aux actes criminels. A la veille des évènements tragiques du Mali, qui ont remis en cause son intégrité territoriale, son unité ainsi que ses valeurs fondamentales, chacun de ces trois pays avait pris des mesures qui semblaient correspondre à ses moyens et à son choix politique pour préserver sa sécurité.

Le Mali avait mis en place une nouvelle stratégie au plan opérationnel et tactique et de développement : ce qui devait conduire à la réorganisation de ses  Forces et de ses unités de combat ; mais également permettre un cadre de développement économique et d’infrastructures sociales de base (éducation, santé et autres). Et, pour une meilleure maitrise de ce choix : L’Etat du Mali met en place une Coordination Nationale de l’ensemble des activités contre le terrorisme et la criminalité organisée !

Mais, malheureusement, à force d’hésitation, de compromis et de manque de décision ferme et de prévoyance, le Mali s’est retrouvé piégé, par manque de vision claire : d’où la situation que connait aujourd’hui ce pays

Le Niger, quant à lui, a réagi avec beaucoup de détermination, et ce, depuis le dernier enlèvement des jeunes français,  au centre de Niamey, avec l’épilogue tragique qui s’en est suivi, dans le désert du Sahara. Et les résultats sont ceux que nous observons aujourd’hui dans ce pays qui n’a pas accepté de faire de cadeaux  à « ces révoltés fils du désert » !    

 Le géant nigérian ne semble pas encore trouver la bonne formule, ni la bonne manière. Bien que confronté à un seul mouvement, le Boko Haram, le Nigéria semble se diriger vers un engrenage, du fait des actions de plus en plus meurtrières et en profondeur et qui n’épargnent personne, y compris les musulmans eux-mêmes !

A ce titre, les derniers évènements qui ont vu l’affrontement entre les Forces Armées nigérianes et les islamistes de Boko Haram, dans la ville de Baga (extrême Nord du Pays), faisant frontière avec le Tchad, et où on a dénombré près de 200 morts, ne vont pas nous démentir !                                     

Quant aux autres pays du champ, et les pays de la CEDEAO, nous avons eu le loisir d’observer leur lenteur, mais aussi leur manque de préparation, il faut le dire, quand il s’est agi d’équiper des Forces et d’aller au secours de l’Etat du Mali.

Nous voyons donc là que la coordination des opérations, ainsi que la coopération des pays de l’Afrique au Sud du Sahara, dans leur lutte contre cet ennemi asymétrique, qui continue de troubler le sommeil des paisibles populations, en même temps  qu’il a tendance à remettre en cause les fondements et les valeurs intrinsèques de nos Etats, n’ont pas encore donné les résultats escomptés !

Et pourtant, les pays de la CEDEAO, dont font partie le Mali et le Niger,  ont mis en place, à Abuja, «  LE MECANISME de l’ALERTE PRECOCE », censé prévenir les conflits, mais aussi, le cas échéant, les réduire et les combattre, dans des délais très courts, étant donné l’existence des Forces Prépositionnées !

Sur un autre plan, l’Algérie, le Mali, la Mauritanie, et le Niger, ont créé depuis le 21 Avril 2010, un Comité d’Etat Major Opérationnel Conjoint (CEMOC), qu’ils ont installé à Tamanrasset, en Algérie. Dans le même ordre d’idée, ils ont pris la décision de lui affecter des Forces de l’ordre de 80 000 hommes, en vue d’un engagement réel sur le terrain, pour traquer et combattre ces bandes armées, susceptibles d’entreprendre des actions criminelles contre les intérêts des Etats.

Cette volonté de ces Etats est surtout mise à l’épreuve par les facilités de fusion de ces bandes au sein de la population sahélo-saharienne, où elles peuvent compter sur des populations acquises à leurs causes, ou de certaines complicités qu’elles ont pris l’habitude d’acheter !

 Mais, malgré tout, dans le cas particulier du Mali, les deux machines ont été lourdes à mettre en marche !

        •       Expérience propre de la Mauritanie

   Pays peu peuplé (moins de 4 millions d’habitants), désertique pour la plupart de son étendue, elle possède des frontières poreuses :

700 km de frontière avec le Sénégal, 2 300 km avec le Mali, 700 km de côtes maritimes, sans compter sa frontière Nord et Nord Ouest, avec le sud algérien, marocain et sahraouis, frontière  qui n’a pas encore retrouvé son calme, et dont le dossier se trouve encore dans les tiroirs des Nations Unies !

Aussi, de par sa position géographique, et de ses liens séculaires avec ces pays, on est en droit de dire que la Mauritanie ne saurait être à l’abris de tous les problèmes que connaîtrait cette région.

Les défis auxquels la Mauritanie est confrontée l’ont amenée à constituer des unités spéciales, en même temps que la restructuration de ses  Forces et ceci, sans attendre le soutien effectif de ses Partenaires au Développement.

Tenant compte de sa connaissance du terrain et de l’entrainement de ses unités dans la vie du désert, le commandement a vite saisi le taureau par les cornes, en procédant :

        •       A la création de groupements spéciaux d’intervention (GSI), avec leurs déploiements sur le territoire (Sud-Est, Est et Nord-Est) ;

        •       Au contrôle des frontières, par la mise en place des Postes d’Accès Obligatoire ;

        •       A la délimitation d’une zone, désormais classée « Zone Militaire Interdite »

Cette option de l’Etat a eu comme résultats positifs, la traque systématique des bandes criminelles, à l’intérieur, comme le long de nos frontières, en portant désormais le danger vers les PC, et autres repères de ces bandes, en les traquant, les empêchant ainsi de s’organiser, afin de mener des actions contre notre pays.

Dans cette optique, la Mauritanie s’est résolument engagée à combattre ouvertement ces bandes, pour que, à défaut de les anéantir, qu’elle leur enlève toute initiative dans leur entreprise à déstabiliser les structures de l’Etat, en y installant la peur, l’insécurité, mais également une psychose de remise en cause permanente !

C’est dans ce cadre qu’il faut replacer le repérage et la destruction de PC et de colonnes entières de ces bandes, par les Forces Mauritaniennes, hors de leur territoire, mais en concertation avec les autorités de l’Etat concerné. C’est également ici qu’il convient d’évoquer l’opération militaire, en février 2011, qui s’est déroulée en Mauritanie et qui, après plusieurs péripéties, a connu son épilogue aux portes de Nouakchott. 

La traque entreprise par nos forces dès la première alerte avait permis de détruire les deux véhicules, dont les charges d’explosifs auraient fini leur chemin dans notre jeune capitale. Sans cette réaction, ces véhicules et leur cargaison auraient causé la désolation et semé des doutes dans l’esprit de nos populations, mais aussi dans celui de nos partenaires au développement, quant à la capacité des autorités mauritaniennes à défendre l’intégrité de notre territoire et assurer la sécurité de nos citoyens !!!

Sur un autre plan, la Mauritanie considère que ces éléments sont à coup sûr, victimes d’une manipulation, dont les auteurs ont abusé de leur manque d’éducation et de leur conception erronée de l’Islam, pourtant religion de tolérance et d’acceptation de l’autre ! Et ceci, quelles que soient ses origines et ses croyances.

C’est ainsi que dans la perspective de contrer l’incitation au terrorisme et à l’embrigadement des jeunes, qu’un programme spécifique a été initié à leur intention, par le gouvernement. Ce programme s’adresse dans un premier temps aux populations les plus exposées et les plus vulnérables (celles qui seraient susceptibles d’être entraînée par les porteurs de ces idées extrémistes). Et dans un deuxième temps à ceux qui se sont impliqués dans les actions de ces mouvements et qui se sont fait intercepter à l’occasion de leurs forfaits, par les forces mauritaniennes. Dans ce dernier cas, il s’agissait d’aborder et d’informer les prisonniers issus de ces groupes terroristes, afin de désamorcer les idées dangereuses les ayant conduits à rejoindre des causes délirantes, voire même à commettre des actes irréparables…

Cette approche a consisté à instaurer un dialogue entre des Oulémas (fins connaisseurs de l’enseignement et des préceptes de l’Islam, mais aussi fins pédagogues dans le domaine) et ces groupes à l’intérieur-même des prisons, afin de les convaincre, en utilisant, pour ce faire, le seul livre qui vaille et qui leur inspire confiance : Le SAINT CORAN !         

Retenir cependant à l’esprit que ce dialogue ne signifie nullement une faiblesse ou un assouplissement du traitement de la question par le gouvernement mauritanien, mais plutôt une voie de dialogue et de tolérance, comme le recommande le Saint Coran…

En effet, lorsque ce procédé ne réussit pas, et dans la perspective de bousculer ces groupes dans leurs repères, l’usage de la Force, des moyens militaires et autres dispositions dissuasives prennent le relais sur l’approche pédagogique ! 

C’est dans ce cadre qu’il faut replacer la condamnation, par la justice mauritanienne (le 14/05/2013), à 10 ans de prison ferme, d’un jeune mauritanien, convaincu d’avoir servi de relais à des jihadistes. La justice n’a pas eu là les mains légères et a voulu se montrer intransigeant, et donner une valeur d’exemple !

        •       Evénements  du Mali

     Il y a lieu de reconnaitre que les Pays dits sahélo/sahariens décollent lentement ; et ceci, du fait des problèmes qui les assaillent. Chacun des Etats a ses réalités propres et ses problèmes spécifiques. Et ceci est tellement vrai qu’ils n’ont pas les mêmes priorités, ni même les mêmes  approches, même face à des problèmes identiques !  Les Problèmes qui se déroulent aujourd’hui au Nord du Mali nous en fournissent une illustration parfaite.

     Aussi, quand en 2011 les pays de l’OTAN décident de faire la guerre à la Libye de Kadhafi, les pays de l’Afrique au sud Sahara, le Mali en premier, ne pensaient pas un seul instant  qu’ils allaient en être les victimes collatéraux. Et c’est ce qui s’est réellement passé.

     Ainsi, une fois la Libye défaite et le président Kadhafi assassiné, il n’y avait plus alors d’espoir pour tous ces combattants, qui dépendaient directement de lui et originaires des pays au Sud du Sahara.

      Alors, à défaut de pouvoir se fondre à la population et s’y confondre, la majorité d’entre eux décident de fuir le pays.

  C’est ainsi que les combattants originaires du Niger et du Mali  décident de rejoindre leurs pays respectifs, avec armes et bagages, en même temps que leurs véhicules de combat.

Si les « Nigériens » furent désarmés et délestés de tous leurs équipements militaires par les autorités de leur pays dès leur rentrée à la frontière, il n’en a pas été de même pour les Maliens, qui furent « acceptés » tels qu’ils étaient venus, car ayant posé comme condition de conserver leurs équipements militaires tout en restant dans le territoire malien.

        Alors question : 

      N’était-ce pas là une faiblesse de la part des autorités maliennes de l’époque, une erreur d’appréciation du danger que cela pouvait représenter pour le pays dans le futur ou tout simplement s’agissait-il là alors de la crainte d’un affrontement direct avec ces hommes déjà belliqueux et se disant n’avoir rien à y perdre ?

     La réponse ne tarda pas à venir, car dès janvier 2012, le MNLA, AQMI, le MUJAO et ANSAR DINE, lancent des opérations de combat, à la conquête du Nord du Mali. Et, en moins d’un mois, ils mettent en déroute les militaires maliens (ou ce qui en restait), abandonnant derrière eux matériels et armements lourds. Et coup sur coup, les capitales régionales : KIDAL, GAO et Tombouctou, la cité mystérieuse, mais aussi la ville aux 333 SAINTS, sont désormais aux mains des jihadistes que sont AQMI, ANSAR DINE, MUJAO, mais également le MNLA, dont les Jihadistes ne tardèrent pas à se défaire !

 Les premières décisions ne tardèrent pas à tomber, avec l’application radicale de la CHARIA, qui se traduit par des châtiments corporels, (pour des délits mineurs), et destruction de MONUMENTS HISTORIQUES et RELIGIEUX, considérés sacrés!

 Le capitaine SANOGO, qui avait pourtant conduit un coup d’état militaire, contre le pouvoir du Président Amadou Toumani Touré, le 22 Mars 2012, se disant pour venger l’honneur du Malien, n’a jamais pu galvaniser les Forces Maliennes pour les envoyer au combat, au Nord ???

Il a plutôt eu la prouesse de diviser les Corps Militaires Maliens qui n’avaient plus aucune motivation pour aller en découdre avec les jihadistes !

La classe politique n’échappa pas à cette division.

 Voilà donc le Mali divisé en deux, le Nord Jihadiste et le Sud relevant encore du pouvoir central, mais impuissant à s’entendre sur la conduite à tenir ?

  La première conséquence de cette situation, est le drame que vivent ces populations qui ont fui la mort et les exactions, laissant derrière elles leurs biens et leurs habitations, n’ayant emporté avec elles que les enfants en bas âge et le minimum de d’effets qui peut tenir sur le dos ou la tête ou alors sur la charrette, pour ceux qui pouvaient s’en procurer. Ces populations sont aujourd’hui au nombre de 400 milles, et se retrouvent en position de réfugiés, réparties en majorité entre le Burkina, le Mali et la Mauritanie, dépendant désormais de l’assistance des Organisations Humanitaires, tout en se mettant à compter les jours qui les séparent encore du retour dans le pays de leurs ancêtres !

        •      Coopération Internationale 

Il faut avouer que dans ce drame que vivait le Mali, la communauté Internationale,  a tardé à intervenir, y compris les Nations Unies, parlant de légalité et autres formules propres aux diplomates.

Les ballets incessants des hommes politiques des pays de la CEDEAO, dont fait partie le Mali, mais aussi des pays amis et partenaires au développement, n’apportent pas de solutions immédiates : longueurs des procédures, lourdeurs administratives, incohérence des approches, mais aussi les Forces censées intervenir, peu préparées face à des mouvements aguerris et rompus aux combats du désert : ce sont là autant d’éléments qui ne rassurent pas les maliens, victimes de leur manque de prévoyance et d’anticipation…

Le salut viendra alors de la France qui décide d’intervenir immédiatement et en solo, sur demande du gouvernement malien, lorsque les Jihadistes commettent l’erreur de pousser leur progression vers le sud ; ce qui mettrait en danger la ville de Bamako et qui rendrait toute intervention extérieure difficile et complexe, du fait de la nature de la population de cette ville, et de sa configuration (les symboles de souveraineté de l’Etat, présence de chancelleries étrangères et autres…).

La soudaineté de l’intervention française (baptisée SERVAL), ainsi que les moyens mis en œuvre, ont surpris plus d’un et mis fin à l’aventure jihadiste qui ne pensait pas s’arrêter en si beau chemin.

Aujourd’hui encore des forces étrangères se trouvent sur le sol malien, sur demande de l’Etat du Mali !!!

                                                                                                                                              A suivre