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La désinformation

Aujourd’hui 21ème siècle, on nous annonce que ce nouveau millénaire est celui de la communication.
 Autrement dit, celui qui maîtrisera le gigantesque flot d’informations que véhiculeront les prodigieux et nombreux moyens de télécommunications se mettra au diapason de l’évolution et saura relever le défi.
Le problème réside dans le fait que les mêmes canaux chargés de transmettre la vérité sont ceux  là même qui transmettent aussi, la contre vérité. Ainsi, on est en droit de se demander sur les aspects et les formes de cette désinformation ?

LES TECHNIQUES DE LA DESINFORMATION

Largement utilisée sur toute la planète et embrassant tous les domaines, pour tromper décideurs et opinion publique, la désinformation a parallèlement  aidé à la culture d’une sorte de sixième sens indispensable à tout  pays pour conserver une place dans la grande compétition internationale. Confusion des sentiments, conflit moraux, panique, indécision, pression sur l’émotivité, l’esprit, les tendances et sur le comportement d’une population, tels sont  les techniques et les procédés utilisés ; armes aussi meurtrières et ravageuses que canons et bombardiers.  Ainsi après un rapide survol sur l’utilité du flair ce qu’on peut appeler communément le «sixième sens », cette communication va porter essentiellement sur les techniques et les moyens de la désinformation. Très ancienne, la désinformation avec ses différentes couleurs est devenue un stratagème utilisé dans tous les domaines pour porter atteinte à des intérêts particuliers ou nationaux ; ce qui a engendré une sorte de sixième sens indispensable à toute entreprise dans un contexte de compétition.  En effet, la désinformation n’est pas une entreprise nouvelle, elle existe depuis la nuit des temps. SUN-TZU le grand stratège militaire chinois il y a 2500 ans, reconnu son importance stratégique sous la forme de la déception en écrivant : « Quand vous êtes apte donnez l’illusion d’être inapte, quand vous êtes fort, donnez l’illusion d’être faible ».

Et sans revenir à l’inévitable SUN-TZU, il suffit de penser à Hitler pour qui la guerre n’est autre que confusion des sentiments, panique, peur et indécision. Face à ces actions, seul un sixième sens permet d’user judicieusement de la désinformation, mais aussi et surtout d’avoir la faculté et les  moyens d’en prévenir et de s’en protéger habilement. Ce sixième sens a fait la force de certains militaires. C’est notamment le cas du colonel Bigeard en Algérie qui avait mis sur  pied les fameux «Commandos Georges » composés d’autochtones ralliés qui vivent avec leurs congénères diffusant de fausses informations, mais recueillant  de précieux renseignements.  A la lumière de ce qui précède, force est de constater l’utilité et l’importance de ce sixième sens basé sur l’art de véhiculer des informations et de déjouer la manipulation. Pour duper l’opinion publique en influençant essentiellement les milieux dirigeants et les critères de décision, les manipulateurs usent de techniques qui ne sont pas nouvelles. La désinformation propage donc, des informations plus ou moins vraies, voire totalement inexactes auxquelles les experts en communication attribuent les couleurs de la «salissure » le vocable  est très éloquent Ainsi on distingue : La désinformation blanche pour désigner un ensemble de faits réels qui ne sont pas révélés pendant un certain temps, mais qui sont ensuite portés à la connaissance de l’opinion publique. Ce décalage dans le temps  permet de modifier le crédit ou la portée d’un événement. La désinformation grise qui correspond à un mélange subtil de vérités et de mensonges. Dans un ensemble de faits, globalement crédibles ou vérifiables sont introduits des informations  fausses qui viennent compléter une entité mise sur pied, dans un but déterminé. Le résultat de cette habile combinaison est destiné à produire une impression de grande authenticité. 

LA GUERRE  PSYCHOLOGIQUE :

Subversion, propagande déception et rumeur sont les techniques qui visent à affecter les esprits et constituent les fondements de la guerre psychologique.

En effet, le Golfe est sans doute, parmi les cas évoqués. C’est le seul cas où la bataille psychologique est en phase, aussi bien avec le projet poursuivi qu’avec la manœuvre des forces armées. Au triple souci de diaboliser l’ennemi  pour justifier la guerre, d’hypertrophier son potentiel pour faire peur à ses voisins et, par la même, mieux les regrouper, afin d’assurer la cohésion aux Etats-Unis pour éviter le rejet causé par le syndrome vietnamien, correspondent des postures politiques et militaires appropriées.

Les médias étant tenus en laisse et dûment orientés, on ne se contente pas du caractère spectaculaire et novateur de la stratégie électronique et aérienne apte à impressionner. Ici on met en exergue les «otages »devenus «boucliers humains »tandis qu’on exagère le danger des Sand tout en gardant bien d’engager les Israéliens dans l’aventure. La concertation avec le congrès est sans faille, comme elle l’est avec l’ONU. La guerre est donc légale et juste «propre » aussi grâce aux cibles dépersonnalisées et même modérées puisqu’on ne va pas jusqu’à Bagdad…  Bref, si l’on ajoute le risque des armes à destruction massive  dont on crédite SADDAM HUSSIEN est celui de voir, par sa faute, le trafic pétrolier entravé, l’on s’efforcera de sorte que politique, stratégie et psychologie tendent à s’identifier

Vue sous l’angle de la subversion, la désinformation représente un aspect essentiel de la guerre de subversion, qui est bien résumée dans cette maxime chinoise :  « pour bien s’emparer des âmes, il faut d’abord être parvenu, dans un premier temps, à bien contrôler personnes physiques, quand on tient bien un verre, on verse dedans ce que l’on veut, mais si le verre tremble ou s’il est tenu de travers, on ne peut pas mettre beaucoup de liquide dedans » Pour la propagande, l’obtention de résultats efficaces exige que la désinformation s’attaque au conditionnement d’un groupe (les pacifistes par exemple) qui sera chargé de créer un climat de psychose collective sur un sujet sensible (comme les essais nucléaires dont la compagne de désinformations menée par l’organisation Greenpeace) Dans cette action de déstabilisation des esprits, la propagande est définie comme une tentative d’influencer l’opinion de telle sorte que les personnes d’un «groupe cible » adoptent un mode de pensée et de conduite déterminée. Dans ce domaine, la propagande exerce encore de nos jours une influence prépondérante dans les régimes totalitaires, dans les mouvements de guérilla et dans les factions intégristes. La déception constitue également un moyen efficace de la désinformation. Ce procédé permet de leurrer l’adversaire sur la conduite des opérations et de le contraindre ainsi à réagir d’une manière qui soit préjudiciable à ses intérêts. Ainsi lors de l’opération «Urgent Fury » à la Grenade, les Américains ont profité du fait qu’une escadre de l’Us Navy, dont le porte avions «Indépendance » était en partance vers le Liban pour se diriger sur les Caraïbes. L’idée d’une invasion américaine de l’île de la Grenade était «absurde ». La surprise fût totale. Le  lendemain les troupes américaines débarquaient sur l’île renversant le régime au marxisme – léninisme couleur locale. Quant à la rumeur, elle représente dans cette gymnastique révolutionnaire un autre moyen subtil qui permet la diffusion d’informations incorrectes dans le but de déclencher une riposte nuisible au groupe qui reçoit le message falsifié. Sur ce chapitre, l’histoire abonde d’exemples particulièrement révélateurs de l’impact d’une telle méthode. Parmi les cas les plus typiques et les plus récents, une phase délicate de l’opération «Restore Hope » en Somalie. Les bombardements par l’aviation américaine n’ont abouti qu’à des destructions massives de bâtiments civils, présumés héberger le général Aidid. Ces assauts violents ont donné naissance à un sentiment d’anti-américanisme très fort dans la capitale somalienne. Force est donc de constater que la désinformation revêt aujourd’hui une forme nouvelle et occupe par conséquent une place de choix dans la compétition internationale. Dans cette grande guerre psychologique, subversion, propagande, déception et rumeur sont les modes les plus usitées grâces à la maniabilité des vecteurs la véhiculant.