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Mamadou lamine Dramé (suite)

Vers la constitution d’une armée et le début du jihad

Dans l’épisode précédent, nous avons vu comment Mamadou Lamine s’était révélé parmi les siens comme un homme hors du commun. Ses études coraniques et théologiques parachevées en terre d’islam en 1878, il dut faire des séjours plus ou moins prolongés en Turquie puis en Egypte, sur le chemin du retour, dans le dessein de diversifier ses sources de connaissance.

Sa renommée acquise, il n’en fut pas moins contesté par certains détracteurs qui l’accusaient de n’être  qu’un’’ faux prophète’’. La jalousie d’un certain souverain dénommé Ahmadou le mènera pour quelque temps en prison.  Ce n’est que grâce à l’absence de ce dernier  que le marabout fut libéré par MADHANI, le propre fils de son geôlier.

Après la prison que lui fit infliger son alter ego Ahmadou et sa relaxe par le  fils de ce dernier, Mamadou Lamine entame son retour vers sa ville natale  de Goundiourou où il est reçu avec les honneurs par le souverain de la place1. La renommée  de l’homme avait déjà retenti dans toutes les contrées avoisinantes.

Apprenant l’arrivée du marabout dans la zone, le commandant francais Frey qui s’appretait à quitter pour le Niger, convoque Malamine à Kayes pour s'assurer de ses intentions pacifiques. Le marabout le rassure et lui fait part de son intention de se rendre à Bakel pour une visite de courtoisie. Il n’obtiendra l'aval de l’administration  qu’après avoir affirmé que ses disciples qui l’accompagnent ne seront pas armés.

Une fois l’aval des francais obtenu, il quitte son village natal en décembre 1885, en direction de  Bakel.  Sur le trajet, il passe par plusieurs  villages où on le reçoit avec les fastes dus à son rang de marabout .  Dès son arrivée à Bakel, il rend visite au commandant du fort et réaffirme ses intentions pacifiques envers les Français.

Mais la région avait connu des troubles dans les années soixante-dix notamment avec le commandant Zimmerman qui a fait frapper des notables et des religieux et menacé de brûler des villages. Cette région,de l'aveu même de Frey "n'était plus sûre pour les Français" et n'avait donc pas pansé ses plaies....

Ayant à l’esprit les pires sévices que firent infliger les français à ses coreligionnaires, il ne put s’empêcher de demander au souverain de Tuabou une aide militaire. Ce dernier était très méfiant quant intentions du marabout ;;

Quant à Mamadou Lamine Dramé, aussitôt après cette visite de courtoisie à Bakel, il se rend une première fois chez Sina Hawa roi du Goye inférieur à Tuabou pour lui demander une armée. Celui-ci s'était déjà rendu à Bakel pour mettre en garde les Français contre le prosélytisme du marabout mais il lui a été signifié que Mamadou Lamine Dramé ne veut attaquer ni les Français, ni les royaumes musulmans environnants ( Guidimaxa, Gajaga, Boundou , Fouta, Jafunu, etc.) Le roi, après avoir opposé une fin de non recevoir à sa requête, finit par y consentir du bout des lèvres.

Il mit sur pied une armée de 2000 hommes au début du mois de janvier 1886 (A. Bathily soutient que c'est à Diawara que se situe son Quartier Général, mais ce n'est qu'après les batailles du Boundou et de Koughani qu'il installe une partie de son armée au Goye inférieur entre Manaël et Diawara). En décembre 1885, il prêche le "Jihad" auprès des habitants du Guimakha du Gajaga et du Fouta. Après avoir prêché le Jihad,des centaines d’adeptes des régions précitées se joignirent à son armée. 

Avant l'attaque du Boundou, à Balou, Mamadou Lamine Dramé reçut la visite du commandant Lefranc et de quelques traitants de Bakel, qui lui recommandèrent vivement de renoncer à son projet d'aller à Gamon "combattre les infidèles". Tout en refusant, il ne comprend pas la défiance des Français et du roi du Boundou à son égard car soutient-il, ils n'ont rien à craindre.

Le marabout demande alors au nouveau roi du Boundou l'autorisation de passer sur son territoire, mais celui-ci met en avant les accords d'alliance conclus avec les Français selon lesquels aucune armée ne doit traverser son territoire sans l'accord de ses alliés.
"Alors, lui dit le marabout, prends ton chemin et laisse moi passer sur celui de Dieu." Rien n'y fait, la réponse reste inébranlablement négative.

Balayant d’un revers de la main l’interdiction de passer par ce territoire ‘’sans l’accord préalable des français’’, il alla de conquête en conquête des contrées dont les souverains étaient  infidèles ou qui avaient scellés des alliances avec l’occupant français des terres musulmanes  où, selon Mamadou Lamine, seul le nom d’Allah devait y retentir’’.

Les souverains des cités visées par le marabout étaient contraints à l’exil pour chercher la protection chez les français. Leurs villages furent détruits ou brûlés et leurs sujets soumis.  

 Les royaumes alliés aux français ainsi défaits, cela constituait un affront doublé d’une humiliation pour ces derniers.

A Goundiourou village natal de Mamadou Lamine Dramé, sa maison est encerclée et prise d'assaut par la 2ème  compagnie de tirailleurs commandée par le capitaine Ferrat. Trente quatre personnes sont arrêtées manu militari et transférées à Kayes, c'était le 13 mars 1887.  A suivre