In order to view this object you need Flash Player 9+ support!

Get Adobe Flash player

Powered by RS Web Solutions

La bataille de Wedyane El Kharroub

 

 ''Le courage et la foi face à la force et l'arrogance''
Présentation: Cne Sidi Mohamed O Hedeid

 

L'opération de Tidjikja a constitué la réponse adéquate et anticipée à la politique ''de l'infiltration pacifique'', ainsi qu'une frappe préventive qui a secoué le projet colonialiste français en Mauritanie. Le Commandant Gillier a résumé les conséquences politiques et militaires de la mort du chef de l'expédition du Tagant-Adrar en ces termes : « la nouvelle de la mort de Coppolani s'est répandue rapidement dans tous les coins de la Mauritanie; avec pour effets et conséquences des résultats dangereux; toutes les tribus qui avaient accepté les négociations et la soumission auparavant, ont repris leur liberté. Coppolani avait réussi à persuader ces tribus d'accepter la protection française en raison de perspicacité et de ses performances politiques. Ainsi, des tribus et groupes déjà soumis ont déclaré leur dissidence. Quant à l'émir de l'Adrar et le guide religieux de S'Mara, Cheikh Melainine qui a encouragé et incité à la mort de Cappolani, ils ont considéré cet événement comme un franc succès. Leur détermination à nous combattre s'est renforcée ainsi que leur volonté à soutenir nos opposants ». 

La mort de Coppolani a constitué un acte audacieux et sans précèdent dans l’histoire de la résistance nationale, mais le plus important reste le fait qu'il a constitué une déclaration fracassante du début de la lutte armée effective contre la pénétration coloniale. C'est ainsi que les rangs des résistants se sont renforcés avec une extension du front hostile aux français suite à cette opération. Seule la voix de la résistance était audible. A cette époque, le Moujahid Sid'Ahmed Ould Ahmed Ould Ayde s'apprêtait à se rendre au Tagant pour mettre fin à l'expansion française sur le territoire mauritanien. Cette décision était la réponse matérielle à la lettre envoyée par Coppolani avant sa mort, le 20 avril 1905. L'émissaire des français à l'émir Sid'Ahmed Ould Ahmed Ould Ayde avait transmis au maître du fort de Tidjikdja, le Cne Frèrejean, le 19 mai, soit 7 jours après la mort de Coppolani, l'intention déclarée de l'émir de combattre les français s'ils continuaient l'exécution de  leur plan visant à occuper  le territoire mauritanien. Sur la base des renseignements fournis par leurs agents, les français ont estimé que l'émir ne disposait pas de forces capables de les affronter. Ainsi, concernant les  fusils à cadence rapide, le rapport était de l'ordre de 1à 40 en Adrar et les tribus guerrières étaient désunies. Les Français misaient surtout sur le fait supposé d'un climat de haine et de dispute entre certaines composantes de la société mauritanienne en raison du passé conflictuel entre certaines tribus, et ceci en application du principe ‘’diviser pour régner’’. Ainsi, Frèrejean a fait une allusion relative à la possibilité de gagner la confiance et le soutien d'un groupe combattant essentiel du Tagant  par voie d'accord de paix, pour l'utiliser ultérieurement dans l'attaque sur l'Adrar.

Telle était la carte politique pour les français. Et comme ils ne disposaient que de choix limités pour se prémunir d'une éventuelle attaque menée par Sid'Ahmed contre leur position, ils ont décidé de se barricader dans leur fort en méditant après l'opération courageuse qui s'est soldée par la mort du théoricien de l'expédition coloniale française en Mauritanie, Xavier Coppolani. Après avoir reçu une réponse jugée inappropriée de la part du nouveau commandant de garnison de Tidjikdja, l'émir Sid'Ahmed O Ahmed Ayde était convaincu de la nécessité de commencer immédiatement les préparatifs de l'attaque contre la garnison française de Tidjikdja. Les habitants de l'Adrar ont afflué vers le fort après une rumeur faisant état de la présence d'éléments limités sur le site. 

Ce fut une occasion exceptionnelle pour les résistants de neutraliser les français en mettant fin à leur proposition. L'émir a entamé le blocus du fort le 18 juillet 1914 en faisant appel à des équipes munies d'armes à cadence rapide. Mais les français utilisèrent des mitrailleuses, obligeant les combattants (Moujahidines) au retrait, campant non loin du fort pour empêcher l'arrivée de soutien probable au fort encerclé. Cette opération a constitué un début fort d'une résistance déterminée, déclarée par l'émir Sid'Ahmed contre la présence française en Mauritanie. La première phase de cette résistance se terminera par la blessure de l'émir dans la bataille de Tichitt en 1911, avec le début d'une trêve provisoire voulue par les français pour affaiblir l'émir, toutefois ce dernier se préparait à d'autres combats; il tomba en  martyr à Wedyane El Kharroub en 1932.

 

                        Traduit  par le Cdt Mohamed Abderrahmane