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SI POSSIBLE CONSOMMONS MAURITANIEN

Cette attitude du mauritanien à être toujours prompt à favoriser tout ce qui est importé et de désintéresser royalement de tout ce qui lui est propre. Même si  c’est de qualité et tout simplement inconsciente et regrettable. D’aucuns souriront en pensant que pour consommer local il faudrait d’abord produire. Je leur répondrai, sans ambages, que pour encourager l’investissement en ce sens, il faut justement commencer par ne pas ignorer, ni sous estimer le peu qui existe bel et bien déjà. Il y eut une époque où une unité d’usinage de très bons parfums fut fermée à Nouakchott, parce qu’elle n’arrivait pas à écouler ses produits sous le label’’ made in Mauritanie ‘. Les distributeurs les plus futés trouvèrent alors l’astuce affligeante de dégrafer l’étiquette’’ dévalorisante’’ pour pouvoir vendre. Et portant nos biscuits et autres caramels sont très prisés dans la sous- région. En achetant un produit de chez nous, non seulement le pays économise ses devises pour les utiliser ailleurs, mais des emplois de nos compatriotes sont sécurisés.

Mnie de rien, il y a énormément de produits de qualité que l'on peut s'offrir localement et à moindre coût. Des chaussures par exemple. La folie des grandeurs de certains compatriotes, otages d'un paraitre artificiel qui ne conduit que vers la dérive, pousse ceux-ci à dédaigner tout ce qui n'est pas" made in ailleurs même si c'est nul.
Nous  n'aimons pas nos médecins, ni nos ingénieurs, ni nos maçons, ni nos électriciens, ni nos âniers, ni nos chauffeurs. Nous traitons de voleurs tous nos hommes d'affaires, même ceux parmi eux qui ont mouillé la chemise pour réussir honnêtement. Dès que l'un de nous ouvre un restaurant ou un atelier de couture, nous le condamnons à manger ses propres spaghettis ou le réduisons à rapiécer les haillons de sa progéniture, faute de clients. Nous préférons la nourriture faite par celui-là qui ne va jamais nous inviter à sa table, lorsque nous n'aurons pas un clou. Nous avons tendance à nous afficher pro-n'importe qui ou pron'importe quoi au lieu d'être, avant tout, pro- mauritaniens. Il Y a là bien évidemment un travail colossal à faire, en cherchant là où le bât blesse et déblayer les obstacles, pour rendre nos prestations nationales plus attrayantes par une formation, une organisation et une réglementation bien étudiées.
Notre jeunesse doit reprendre goût au travail et se défaire de cette oisiveté maladive. Il est fréquent de voir un des nôtres, ne comptant que sur le revenu d'un proche, n'avoir comme occupation que de parader avec de beaux boubou, montre, chemise et s'arroser d'eau de Cologne de luxe alors qu'il s'est changé dans une blanchisserie, aller dormir dans une voiture louée ou s'incruster chez des tiers en feignant le sommeil lourd tout bonnement, indisposant ceux qui venaient de lui offrir hospitalièrement un thé. C'est le typique SDF de haut vol. Nos chômeurs crachent sur le travail qu'ils peuvent avoir sur place, le jugeant souvent avilissant, alors que des hordes de jeunes immigrés des pays voisins et de la sous-région, venus les mains vides à Nouakchott armés simplement de leur courage et de leur humilité s'y constituent très aisément un pactole leur permettant de continuer le voyage en Europe, de retourner chez eux ou de se recycler dans une activité plus lucrative, sur un fonds de commerce désormais plus consistant. La plupart de nos employeurs privilégient la main d'œuvre étrangère, à tort ou à raison. L'Etat, par des structures appropriées, a le devoir de prendre en main cette désastreuse situation, pour concilier employeurs locaux et chômeurs nationaux. L'Etat a pour vocation de faciliter au citoyen l'accès à une bonne éducation, lui garantir sécurité et santé et le canaliser sur les rails du développement. Le Prophète Mohamed PSL ne disait-il pas Il qu'un parent ne peut rien léguer de mieux à son enfant qu'une bonne éducation ... Qu'il fallait chercher le savoir du berceau au tombeau... Que s'instruire est le devoir de tout musulman ?.. Du respect mutuel entre administration et administré, se dégagera naturellement la prise de conscience des droits et des devoirs de chacune des parties. Chaque mauritanien a le droit, voire le devoir d'être fier de sa rue, de l'école de ses enfants, de sa ville, de son dispensaire, de son marché, de sa police, de son armée, de son maire, de son Hakem, de son Wali, de son Ministre, de son syndicat, de son banquier, de son chef d'Etat, tout en exigeant de ceux-ci ce qu'il a droit d'en attendre. L'administration ne doit plus se cantonner à la gestion de la routine. Elle doit être à l'écoute constante populations, diagnostique sérieusement les besoins, et en apporter, promptement et efficacement, les réponses adéquates. C'est là que la valeur des hommes à piloter de tels chantiers se fera sentir, car aucun projet de société valable ne peut se faire à tâtons. On ne peut pas juger la  TVM, comme le font certains, sans prendre la peine de la regarder. C'est très bien d'écouter RFI, mais les annonces de coupures d'eau de la SNDE en cas de travaux ou les campagnes de vaccination pour les gamins, c'est sûrement sur la sympathique Radio Mauritanie que ça se passe Personnellement, mon premier quotidien à lire le matin, c'est Il Chaab-Horizons ". Je trouve que les enquêtes sur les phénomènes de société y sont plus approfondies et mieux ficelées même si, ailleurs, les soldats indépendants du quatrième pouvoir excellent sur des thèmes non moins importants que sont les informations politiques factuelles ou les débats d'idées très croustillants parce que plus pointus et osés.
Il est ridicule et illusoire  de tirer à boulets rouges sur tout ce qui nous appartient et nous pâmer niaisement sur les mirages lointains d'autres cieux. Apprenons à nous aimer, nous mêmes, et ensuite nous ouvrir vers l'autre. Il est cependant fréquent de voir un concitoyen au courant du menu du jour au Gonduana et ignorer carrément l'identité de l'instituteur de son propre héritier. Ses enfants savent tout de Ragheb Alama et d'Alicia Keyes et prendront Dimi ou Ousmane Guangué pour une nouvelle marque de voiture. Ils s er a i e n t incapables de vous citer les villes historiques mauritaniennes classées patrimoine universel de l'humanité, mais par contre, savent tout du foot-bail mondial, du moindre transfert d'un joueur, jusqu'à la marque et les couleurs de son équipement . C'est formidable de savoir ce qui se passe ailleurs , mais n'oublions pas que notre sort se joue ici, là, sous nos pieds et nulle part ailleurs. Aussi, il y a des gestes anodins qui ont tout leur sens et grandissent leur auteur, particulièrement en civisme : fermer un robinet d'eau public ou privé qui coule sans nul besoin ou éteindre une ampoule qui brille inutilement. Ainsi que de se rendre compte que lorsque l'o n détruit sciemment un matériel de l'Etat, on opère un gros trou dans son propre budget. Nous paierons toujours le prix du gaspillage, d'une manière ou d'une autre ; alors autant faire attention, même si on ne se sent pas surveillé. Aucune grande nation ne s'est construite par un coup d e baguette magique . L'apport subséquent de chaque citoyen, quel que soit son statut, est indispensable à l'édification d'une nation. Car sa pérennité et notre salut sont tributaire de notre contribution à tous.

 

 

 

Adjudant de police M’Bow Adama Samba