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HISTOIRE DE LA RESISTANCE

L’attaque de liboeratt
La prise de l’Adrar Tmar, dernière citadelle de la résistance antifrançaise, par
le Colonel Gouraud, en 1909 n’avait pas mis fin aux hostilités. Les foyers de résistance s’étaient simplement déplacés vers le nord, et un calme précaire régnait dans la région en raison des nouvelles donnes tactiques ayant résulté de l’occupation de cette région et dont les plus importants sont :
-le retrait des résistants vers  la région plus sûre du tiris ;
- l’allongement des lignes de soutien et de transport ;
- la perte d’une région vitale pour la résistance sur les plans économique, géographique et tactique :
- la rentrée de certains groupes importants dans l’ordre de pacification française.
Cependant, l’éloignement, les difficultés  de déplacement et le manque notoire de moyens n’ont pas empêché les résistants de mener des opérations audacieuses contre les forces française et de châtier durement les tributs ayant pactisé avec l’ennemi.
  Les nouvelles orientations tracées par les colonels Paty et Mouret qui ont succédé respectivement au colonel Gouraud à la tête de la colonie, ont pris en compte les échecs des premières années de pacification. Ils ont cherchés à redresser les erreurs d’appréciation et d’arrêter de nouvelles solutions pour sortir le territoire de la solution de troubles permanents qu’il vit. Avec cette génération d’administrateurs militaires aux commandes, s’ouvre une nouvelle page de l’histoire du pays maure, et se ferme la parenthèse, Coppolani, administrateur corse  rêveur et pacifiste.
      L’option d’une action de conquête musclée prend le dessus sur la pacification du territoire.
   La nouvelle politique mauritanienne approuvée par gouverneur général de l’AOF sur proposition des autorités du territoire consiste à la mise en application des mesures suivantes :
- recentrer l’action politique vers une plus grande implication des chefs guerriers dans l’ordre français (constitution de goums, participation au mission de police  administrative et financière du territoire, collecte de renseignement ), alors que cette politique avait consisté jusqu'à ce jour à s’appuyer presque exclusivement sur les tribus maraboutiques ;
-amplifier les échanges commerciaux avec le Sénégal et le Soudan pour accroitre la dépendance du pays de l’économie communautaire et le détacher de son environnement arabo-musulman ;
- développer les infrastructures permanentes dans les centres urbains conquis pour   acquérir les nouveaux signes de domination coloniale ( centre administratif, base militaire, école de fils de chefs et points de santé)et prouver aux populations l’intention bien arrêtée des français d’occuper le pays d’une façon définitive ;
- augmenter la mobilité des troupes coloniales par le développement de nouveaux types d’unité, montées sur dromadaire, déjà expérimentées avec succès en Algérie et au Niger, appelées communément unités méharistes.
-C’est ainsi, que quatre nouveaux groupements méharistes mobiles sont crées. Ils reçoivent la la mission de quadrillage et de surveillance des secteurs ci-après :
  -les méharistes de l’Adrar, en première ligne, avec un champ d’action qui s’étend de l’océan à el Ghalaouiya c’est-à-dire un front de prés de 800 km ;
- les méharistes du Trarza, qui constituent une deuxième ligne de défense vers le sud dont la mission est de donner la chasse aux bandes ayant déjoué des précédents ;
- la section méhariste de Kiffa qui flanc garde vers le sud-est, ce dispositif ;
- la section du Tagant chargée de la surveillance du secteur Chenguitti-Tichit.
Pour compléter cette organisation, il est fait appel aux populations locales qui devront prêter main forte aux troupes d’occupation, c’est ainsi que trois goums sont  crées, un en Adrar et deux au Trarza.Ils sont organises et entretenus par les émirs locaux et destinés à renforcer les troupes méharistes au besoin.

Mais ces nouvelles créations, au lieu de protéger le pays des assauts des résistants, vont constituer des cibles privilégiées pour une résistance exilée et de à court d’armes, de munitions et de montures .
  Ainsi, le 2 janvier 1913, quelques 400 résistants se rassemblèrent à Bir Oum Grein, dans l’intention d’entreprendre une longue campagne vers le Hodh.Mais au lieu de cela, et sur des renseignements reçue à partir de l’Adrar, ils attaquèrent , quelques jours après , le campement français de Liboeratt à 60 Km à l’ouest d’Atar .
  Après plusieurs reconnaissances précises et une manœuvre d’approche discrète, la position ennemie, protégée par une grande haie (zériba) et défendue par 58titulaire et 50 gardes, tomba après deux heurs de combats acharnés .Les assaillants tuèrent la plupart des soldats français, sénégalais et maures du camp, et se retirèrent dans le sahara.
Cette victoire rapide, remportée par les résistant sur une unité d’élite leur permit aussi d’entrer en possession d’un riche butin.
La réplique française ne se fit pas attendre, le 12 février le Lt-colonel Mouret à la tête d’un élément de poursuite ressemblé à la hâte à Atar atteint après quelques jours de marche Smara qu’il trouve désertée par ses habitants. Il y campa deux jours puis fit sauter l’imposant dôme de la Zaouiya et détruit en grande partie sa bibliothèque. Mais ceci est une autre histoire…
Aujourd’hui après 94ans AEJ se remémore la bataille de Liboeratt dirigée pas les deux résistants Legraa Ould  Maayouf et Mohamed Laghaf Ould Cheikh  Malainine  contre une unité méhariste commandé par le lieutenant  Martin à l’aube du 10 janvier 1913.
La mémoire populaire a gravé  avec des lettres d’or le souvenir de cette bataille glorieuse  et les français l’ont décrit avec beaucoup d’objective.( Voire le récit du Commandant Gillier en encadré ci-dessous).
La surprise est complète, une sentinelle tuée à bout portant lâche un coup de feu dans la nuit ,mais déjà l’assaillant est à l’intérieur de la zériba , la fusillade est intense et le désordre indescriptible, le lieutenant et deux sous-officiers européens boudassent vers le point d’attaque.
Le lieutenant blessé à la jambe se traîne sur les genoux et décharge son revolver sur les assaillants,il succombe presque aussitôt .Le maréchal   des logis Bain doué d’une force herculéenne, blessé, désarmé   et maîtrisé à grande peine par plusieurs maures qui le pressent d’invoquer Allah ; il se jette sur l’un d’eux et le mord cruellement. Il est achevé à coup de poignards. Le maréchal des logis  Péladan a été tué également dés le début. Le dernier sous-officiers  européen le sergent Texier et le sergent sénégalais Moriba Karara réussissent à rallier quelque hommes, et constituent deux noyaux de résistance qui, entouré, finissent par succomber après une lutte héroïque.
Les premières lueurs du jour qui s’élèvent éclairent un champ de carnage et de pillage, 72 cadavres, 42 blessés jonchent le terrain. De notre côté, 1 officier et 3 sous-officiers français,43 titulaires et 5 gardes blessés.
L’ennemi s’empare de 105 fisil, plus 20 000 cartouches,500 chameaux, tous les bagages.